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Le département 90 (Territoire de Belfort) : villes et incontournables

Le departement 90 porte un nom qui accroche : « Territoire de Belfort », et non « département de Belfort » comme la logique administrative l'aurait voulu.

Citadelle de Belfort en lumière dorée avec les Vosges en arrière-plan, vue d'ensemble du Territoire de Belfort
Sommaire

En bref

  • Le departement 90 désigne le Territoire de Belfort, un espace administratif singulier coincé entre les Vosges, l’Alsace et la frontière suisse.
  • Sa création officielle remonte au décret du 18 février 1922 : avant cette date, il existait comme territoire administré provisoire, non comme département de plein droit.
  • 103 jours de résistance face aux troupes prussiennes ont forgé son existence et lui ont évité l’annexion allemande.
  • Belfort reste la seule préfecture du département, sans aucune sous-préfecture : particularité partagée en métropole uniquement avec Paris et Mayotte.
  • Le département appartient à la région Bourgogne-Franche-Comté depuis la réforme territoriale de 2016.

Le departement 90 porte un nom qui accroche : « Territoire de Belfort », et non « département de Belfort » comme la logique administrative l’aurait voulu. Ce bout de France coincé entre les Vosges, l’Alsace et la frontière suisse doit son existence à plus de cent jours de résistance militaire en 1870-1871. Sans ce siège, sans la ténacité du colonel Denfert-Rochereau face à une armée prussienne largement supérieure en nombre, ce territoire aurait suivi le sort de l’Alsace-Lorraine et disparu dans l’annexion allemande. Il n’existerait pas de numéro 90. Ce passé reste lisible dans l’appellation elle-même : « Territoire » plutôt que « département ».

Le département 90 en chiffres : superficie, population, communes

Le Territoire de Belfort tient sur une carte avec une certaine discrétion. Voici les données de cadrage publiées par l’INSEE, les plus récentes disponibles à ce jour :

CaractéristiqueValeur
Superficie609,4 km² (source INSEE)
Population légale (2022)140 082 habitants
Communes101
ArrondissementsUn seul, centré sur Belfort
CantonsNeuf
Sous-préfecturesAucune

Un point sur la superficie : l’INSEE retient 609,4 km², tandis que certains annuaires régionaux citent des valeurs légèrement supérieures selon les arrondis utilisés. Vérifiez sur la source officielle si ce chiffre est déterminant pour votre usage.

Deux particularités administratives ressortent nettement. Aucune sous-préfecture, d’abord : en France métropolitaine, seuls Paris et Mayotte partagent cette organisation. Un arrondissement unique pour cent une communes, ensuite : toute la vie administrative converge vers Belfort, sans échelon intermédiaire.

Le département 90 dans l’histoire : du siège de 1870 au décret de 1922

Détails architecturaux de la Citadelle de Belfort, remparts historiques du Territoire de Belfort

Le siège de Belfort (1870-1871) : pourquoi Belfort est resté français

En novembre 1870, les troupes prussiennes encerclent Belfort. Le colonel Denfert-Rochereau refuse de capituler. Pendant cent trois jours, sa garnison tient, repousse les assauts depuis les hauteurs et résiste à une pression militaire nettement supérieure en nombre. Quand le Traité de Francfort cède l’Alsace-Lorraine à l’Allemagne en mai 1871, le territoire de Belfort obtient une exception : il reste français. La ville se rend le 18 février 1871 avec les honneurs, armes à la main. Denfert-Rochereau sort à la tête de ses hommes, et cette image traverse les décennies.

Le siège est retracé en détail sur Herodote.net pour qui veut la chronologie militaire complète.

Du territoire administré au département : le décret du 18 février 1922

L’exception de 1871 crée un statut provisoire difficile à classer : le Territoire de Belfort existe, mais sans cadre légal stable, à mi-chemin entre département et territoire récupéré après une défaite. Pendant un demi-siècle, il fonctionne sous une administration spéciale, distincte de la logique préfectorale ordinaire des autres départements français. Le décret du 18 février 1922 tranche la question : le Territoire de Belfort devient département de plein exercice. La date retenue ne doit rien au hasard, elle tombe exactement cinquante et un ans après la reddition de la garnison. Le numéro 90 résulte d’un choix purement pratique : les quatre-vingt-neuf autres départements tenaient déjà leurs numéros, et ajouter un 90e en fin de liste évitait de tout reclasser. Pas de logique alphabétique cachée, pas de symbolisme particulier. La nécessité, simplement.

Pourquoi « Territoire de Belfort » et non « département » comme les autres ?

Le nom déroutait déjà en 1922.

Conserver le mot « Territoire » après l’obtention du statut de département relevait d’un choix conscient : l’identité s’était cristallisée en un demi-siècle d’usage. Le nom portait la mémoire du siège et l’exception politique arrachée par le Traité de Francfort. Y renoncer aurait effacé ce qui avait justifié l’exception française. Le Belfort département gardait ainsi, dans son appellation même, la trace de ce qu’il avait traversé. À mon sens, c’est l’un des rares cas où la bureaucratie française a choisi le symbole plutôt que la cohérence administrative.

Une idée reçue circule encore régulièrement : le Territoire de Belfort serait le plus petit département de France. Si vous avez entendu cela, sachez que c’est inexact depuis 1968, quand les départements de la petite couronne parisienne ont été créés. Le département 90 se classe aujourd’hui en cinquième position des plus petits, derrière Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Il fut bien le plus petit hors Paris de 1922 à 1968, mais ce titre appartient désormais à l’histoire.

Géographie du département 90 : entre Vosges, Alsace et Suisse

Paysages forestiers et montagneux des Vosges dans le Territoire de Belfort, nature et randonnée

Le Territoire de Belfort occupe une position charnière. À l’est, l’Alsace ; au sud-est, la frontière suisse et Bâle à moins d’une heure de route ; au nord, les forêts vosgiennes. L’Allemagne reste proche, par le Rhin et par l’histoire. Cette situation géographique en a fait, depuis des siècles, un verrou stratégique entre les espaces germaniques et la plaine française : c’est précisément ce qui rendait Belfort si convoitée en 1870.

Le relief monte en s’éloignant de la plaine urbaine. Le Ballon d’Alsace culmine à la limite nord du département, dans un paysage de forêts et de chaumes qui tranche avec la ville industrielle en contrebas. La vallée de la Savoureuse traverse Belfort avant de rejoindre l’Ill.

Depuis la réforme territoriale de 2016, le département 90 relève de la région Bourgogne-Franche-Comté, dont Dijon est le chef-lieu régional. Ce rattachement reste parfois discuté localement : la proximité géographique et culturelle avec l’Alsace crée une tension naturelle entre logique administrative et identités vécues. Si vous parcourez le territoire en voiture, vous le ressentez rapidement, aux paysages comme aux enseignes.

Belfort et les communes du département 90 : qui habite où ?

Belfort, seule préfecture du département

Belfort concentre l’essentiel. La préfecture, les équipements hospitaliers, les grandes enseignes, les établissements d’enseignement supérieur : tout gravite autour de cette ville-pivot, qui regroupe à elle seule plus d’un tiers de la population du département. Difficile de l’éviter si vous séjournez dans la région, et cela n’a rien d’une contrainte.

Les autres communes : Delle, Grandvillars, Offemont

Delle, à la frontière suisse, a une position à part : chaque jour, des travailleurs franchissent la frontière pour exercer leur activité côté suisse. Grandvillars et Offemont, dans la couronne périurbaine de Belfort, figurent parmi les communes les plus peuplées après la préfecture. Elles concentrent des services de proximité qui évitent aux habitants du sud et de l’ouest un trajet quotidien vers la ville-centre.

Le recul démographique mérite qu’on le signale clairement. Les données INSEE les plus récentes disponibles en 2026 font état d’une baisse régulière depuis 2016 : le territoire perd des habitants chaque année. Ce mouvement touche de nombreuses villes moyennes françaises, prises entre la métropolisation des grandes agglomérations voisines et un marché du travail local qui rétrécit d’une année sur l’autre.

Ce qu’il faut retenir

Le département 90, Territoire de Belfort, doit son existence à un fait militaire : la résistance de 1870-1871 qui lui a évité l’annexion allemande. Il devient département officiel le 18 février 1922, avec Belfort comme seule préfecture et cent une communes réparties sur un territoire compact rattaché à la Bourgogne-Franche-Comté. Son numéro 90, son nom de « Territoire » et l’absence de sous-préfecture en font l’un des cas administratifs les plus atypiques de France métropolitaine.

FAQ

Quelle est la préfecture du département 90 ?

Belfort est la seule préfecture du Territoire de Belfort. Le département ne compte aucune sous-préfecture, ce qui le distingue de presque tous les autres départements français : en métropole, seuls Paris et Mayotte partagent cette particularité.

Pourquoi s’appelle-t-il « Territoire de Belfort » et non « département » ?

Le nom vient du statut provisoire accordé après la guerre franco-prussienne de 1870-1871. Quand le décret du 18 février 1922 lui a conféré le statut officiel de département, le nom « Territoire de Belfort » s’était ancré dans les usages pendant cinquante ans et portait la mémoire de la résistance. Il a été conservé tel quel.

Le Territoire de Belfort est-il le plus petit département de France ?

Non. Cette idée circule, mais elle est inexacte depuis 1968, quand les départements de la petite couronne parisienne ont été créés. Le Territoire de Belfort est le cinquième plus petit département de France métropolitaine, derrière Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne.

À quelle région appartient le département 90 ?

Le département 90 appartient à la région Bourgogne-Franche-Comté depuis la réforme territoriale de 2016. Le chef-lieu régional est Dijon.

Pourquoi le Territoire de Belfort porte-t-il le numéro 90 ?

Le numéro 90 a été attribué lors du décret de 1922 pour une raison purement pratique : les quatre-vingt-neuf autres départements tenaient déjà leurs numéros dans l’ordre alphabétique. Ajouter un 90e en fin de liste évitait de tout reclasser. Ce numéro ne correspond à aucun classement alphabétique du nom « Territoire de Belfort ».